vendredi 12 octobre 2007

Ce visage

Les traits sont fins, le front haut, les yeux grands et clairs. La tête, légèrement en recul par rapport à la ligne du corps, est inclinée un peu sur sa gauche pour mieux voir et peut-être se protéger. Son port digne, sans rien de hautain toutefois, marque la distance. Le menton déja volontaire, semble le point le plus avancé du visage. Tout indique la volonté de donner un champs plus large au regard. Ce regard, justement, on s'y attarde. On y lit une légère surprise, et peut-être, une déception secrète. Rien d'ostensible. Les yeux restent fixes et pointés, juges impitoyables et attentifs. Juste un rien, les paupières cherchent, en se rapprochant l'une de l'autre, se plissant à peine, à leur donner plus d'acuité, plus de recul, là aussi. Ce regard encore, qui semble par son intensité quasiment palpable, indiquer l'invisible limite de l'acceptable.
Enfin, il y a les lèvres. Elles sont généreuses, épaisses et l'on y sent, infime, un resserrement volontaire qui bien que doucement réfréné, interdit aux mots d'exister, presque imperceptiblement.
Ce visage, par tout cela peut être, marque la beauté et la noblesse de quelqu'un sur le point de partir se disant qu'après tout, c'est lui qui s'est trompé, même si ce n'est pas tout à fait la vérité et qu'il le sait. Alors, tant pis. Non, plutôt tant mieux, puisqu'il est déçu, c'est qu'il s'est trompé. Il n'en dira rien, jamais.
En face soudain, enfin, on lit ce visage, et en baissant les yeux puis en les relevant, timide, on murmure : " Pardonne-moi ! "

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