dimanche 28 octobre 2007

Monsieur le...

Je suis plutôt d’un naturel effacé, on me le reproche assez. Là, cependant…
C’est vrai, sans témoin, je lui ai dit ma façon de penser. Toute ma façon de penser et en termes courtois. Je n’en revenais pas moi-même. Je ne voulais l’humilier. Non, j'ai cela en horreur. Hier soir, je l’ai revu. C’est étrange, je l’ai remarqué, paradoxalement parce que je sentais qu’on voulait m’éviter. L’alerte s’est faite ainsi, et par curiosité, j’ai levé le nez de mes pensées et l’ai vu, c'était lui. Il semblait aussi rouge que la rosette de sa boutonnière. Tout ce mal qu’il a dû se donner pour occuper la charge qu’il détient. Une charge pas là-haut, là-haut, pas juste en dessous non plus, mais là, quand même. J'admets qu'il n'en est pas moins homme, mais de là, aujourd’hui piquer un fard devant moi. Moi, réputé trop timide, effacé, n’osant jamais parler et toujours en retrait.
La question me chagrine. Des deux, qui a raison ? J’avoue à cet instant, je n’en sais rien, enfin je doute un peu.
Soit, je lui suis indifférent, mes propos étaient impertinents et dans ce cas, il m’ignore et ne m’évite pas. Surtout, son teint ne vire pas à l'écarlate. Soit, il vient vers moi, me tend la main et peut être essaie de m’expliquer ou au moins de parler.
Cela, d'autant que la dernière fois, j’avais pris congé en termes policés. Il avait agréé, certes, un peu penaud, mais il avait agréé... Monsieur le...

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