jeudi 6 mars 2008

Un ordre !

En fait de lumière, en ce moment c'était plutôt le noir. Le noir absolu, pas de point d'aube à l'horizon du temps.
Il prenait la mesure de la réalité la plus amère, celle qui fige les émotions et glace le coeur, celle qui vous fait robot pour tenir à la vie sa tête hors de l'eau coûte que coûte, sans désemparer. Il fallait aussi convaincre la solitude de ne pas s'installer, ni ici, ni ailleurs. Surtout, pas ailleurs, là-bas, dans cet univers glacial et anonyme fait de blanc et de bleu pâle. Fadasse neutralité de tout, absence d'humanité, de chaleur, de main tendue, de sourire. Lieu ou résonne le silence et le vide. Lieu de néant. Lieu ou le néant attend, flotte dans l'air, s'immisce partout et se fait maître, veut être roi et imposer sa loi.
Contre cela, l'envie. L'envie féroce et rageuse d'arracher ce rideau de flou qui s'installe sépare et éloigne. Arracher à le déchirer, à le jeter à terre et le fouler au pied pour avancer et empoigner la vie, lui faire face et douce violence, lui dire, à elle, gentiment mais fermement, très fermement : Toi, tu restes là, c'est un ordre !

Aucun commentaire: