"Il faut écrire pour soi, c'est ainsi que l'on peut arriver aux autres" (Eugène Ionesco.)
Il n’aime pas trop les citations. Aux détours d’un bouquin, celle-là s’accroche à son attention et la retient. A ce moment précis justement où ce qu'il a envie de dire et d’écrire, c’est que lui, comme souvent, les autres…
Il les voit dans la rue, les trains, les avions. Ils ont l’air contrit et fier, modeste et orgueilleux. Ils semblent se croire bien pensants et généreux mais il les sent terriblement exclusifs, sectaires, hautains et égoïstes. Tout à leur quant à soi. Des gens qui se pensent être " comme il faut ", " dans le juste". Ils feignent l’ennui mais aiment leur routine, leurs manies et habitudes. Il les hait. Il n’ont de compassion que pour eux mêmes. Leur monde étriqué l’effraie.
Pour eux, le mal c’est les autres, forcément. Eux seuls sont honnêtes, raisonnent correctement et voient juste. Ils sont nantis d’eux mêmes, critiquent souvent et se plaignent ; bavardent aussi, emmurés dans leurs certitudes, leur univers mesquins. Ils l’ennuient, lui font peur, et à la fois, il les méprise. Il veut les fuir. Il les trouve pitoyables. Non, pathétiques plutôt. Absurdes victimes d’elles mêmes et de leurs convictions, ils n’ont de hâte que de retrouver leur nid de faux marbres, de nylon, pour y cultiver leurs fausses idées, sanctifier leurs faux dieux, ériger leur faux monde illusoirement douillet.
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