samedi 20 juin 2009

On peut rêver

Le cerisier, chargé de fruits comme on ne l'avait jamais vu les années passées, était planté en limite de propriété à proximité d'un chemin que les enfants du village empruntaient pour aller jouer dans le bois voisin. Ils y puisaient leur réserve d'énergie de façon furtive de crainte d'être réprimandés. " Pas vus pas pris ", se disaient-ils. " Vus, pas pris ", se disait le propriétaire amusé.
" Tant qu'ils ne cassent pas trop de rameaux... ".
Plus haut dans l'arbre, quand les enfants n'étaient pas là, c'était les oiseaux qui se chamaillaient les fruits les plus mûrs. Ils pépiaient âprement. L'emportaient ceux qui se faisaient les plus forts.
En bas, sagement assis, silencieux et immobile, le museau au ciel, un chat attendait que l'un d'eux tombât. On ne sait jamais.

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